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Avoir 20 ans et changer le monde, par Yara Shahidi

Alors que NET-A-PORTER fête son 20ème anniversaire, l’actrice et activiste YARA SHAHIDI, qui vient elle aussi d’avoir 20 ans, raconte l’importance d’être née à l’aube du millénaire. En vue des récents mouvements pour l’inclusion et l’équité, Yara a souhaité réfléchir aux raisons qui font de 2020 une année de changement.

« Peut-être que le chez-soi n’est pas un lieu mais une condition irrévocable. »

James Baldwin, écrivain américain

James Baldwin, mon inspiration et mentor historique, a toujours parfaitement articulé les idées que j’ai souvent trouvées difficiles à exprimer. La première fois que j’ai lu cette phrase, quelque chose a résonné en moi : je suis née dans une génération qui cherche sa place dans le monde.

L’an 2000, mon année de naissance, est un paradoxe.

Je suis née dans un monde de possibilités : je profite aujourd’hui des avancées réalisées par les générations précédentes, de la lutte pour les droits civiques aux émeutes de Stonewall. Je suis fière de mes origines Noires et Iraniennes, et je suis consciente que mes libertés et mes privilèges sont le résultat d’un engagement mondial en faveur du progrès et de la justice. Mon premier tatouage, ’63, est un rappel de cet engagement. Cette année-là, le peuple s’est levé pour exiger un progrès qu’il savait essentiel pour l’avenir, sans savoir pour autant s’il en verrait un jour les résultats.

Les femmes noires n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1965. J’ai fêté mon 18ème anniversaire et mon passage à l’âge adulte en m’inscrivant sur une liste électorale, en hommage à ceux et celles qui se sont battus pour obtenir ce droit.

L’an 2000 marque le début d’une ère influencée par la culture et l’histoire des décennies passées. J’ai la chance d’être née dans un monde où la technologie faisait déjà partie de la vie quotidienne : elle a changé, souvent de manière positive, la façon dont nous communiquons avec les autres, et cela m’a permis de grandir dans une communauté mondiale, avec moins de barrières.

Aujourd’hui, nous avons la possibilité de progresser de mille façons différentes. Ma génération est fière de son identité et de sa diversité, mais je me demande pourquoi, à 20 ans, je cherche encore mon chez moi.

Je suis née dans un monde perçu comme « post-raciste. » Pourtant, il prédétermine encore nos destins selon notre ethnicité. Il utilise des technologies, les mêmes qui nous ont connectés, pour surveiller nos communautés noires et de couleur. Les manifestations contre les oppressions du gouvernement et les violences policières qui se déroulent dans le monde sont un rappel que le progrès est freiné par la haine et la discrimination qui nous enchaînent.

C’est ce conflit qui fait que nous ne nous sentons pas chez nous dans ce monde. Mais maintenant que j’ai 20 ans, je vois les choses autrement : ce sentiment n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Avant je le trouvais déplaisant, désormais, il est une source d’espoir.

Je reprends les mots de l’incroyable Audre Lorde : « On ne détruit pas la maison du maître avec les outils du maître ». Nous passons actuellement par la phase nécessaire, révolutionnaire et inconfortable, de démantèlement. Plutôt que de nous contenter du monde dont nous avons hérité, nous avons entrepris le projet d’en construire un nouveau sur les bases de l’inclusion. La notion « d’intersectionnalité », introduite en 1989 par Kimberlé Crenshaw, s’est répandue grâce au travail réalisé pendant ces deux dernières décennies. Cette pratique s’applique à chacun de nous de manière différente ; je le vois dans le travail des artistes, des ingénieurs, des codeurs, des entrepreneurs, des avocats de demain et des pionniers d’aujourd’hui. Nous avons tous notre rôle à jouer dans ce changement du système. En grandissant à l’ère des réseaux sociaux, j’ai compris que la taille de ma plate-forme ne limite pas le potentiel de mes actions.

Génération Z, par où commençons-nous ? À dire vrai, je n’en ai aucune idée… Mais j’ai hâte d’entendre nos voix et de voir la maison que nous construisons ensembles.

L’une des premières choses que mes parents m’aient apprises est que l’abondance doit couler. Je ne me rappelle pas l’âge que nous avions avec mon frère lorsqu’ils nous l’ont expliqué, mais je me souviens que c’est une chose que j’ai toujours connue dans la famille Shahidi. Cela ne s’applique pas seulement aux ressources physiques (autrement dit lorsque vous recevez de l’argent, vous en donnez aussi), cela concerne aussi l’idée que le temps constitue une ressource et représente votre soutien, votre amour, votre affection.

Génération Z, par où commençons-nous ? À dire vrai, je n’en ai aucune idée… Mais j’ai hâte d’entendre nos voix et de voir la maison que nous construisons ensembles. Une maison dans laquelle nous nous unissons grâce à nos différences, et non malgré elles. Une maison qui célèbre l’identité de chacun et se consacre à l’équité. Pour qui nous battons-nous si ce n’est pour nous tous ?

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